mardi 16 février 2010

Boules Quiès au bord du Niger

Fleuve Niger, 13h55


Deuxième jour de navigation. Nous remontons le fleuve après avoir atteint le lac Debo. Le Niger se disperse en effet en de nombreux bras au coeur du Mali : c'est ce qu'on appelle le delta intérieur du Niger qui s'organise autour d'un grand lac, le lac Debo. Cela avait d'ailleurs désarçonné les premiers explorateurs européens qui pensaient que le fleuve "se perdait" dans les sables du Sahara.

Hippopotame sur le pourtour du lac de Débo

Ce lac est le point de rendez-vous des pêcheurs Bozo et des éleveurs Peuls durant la saison sèche. Le lac y étant à son plus bas niveau, la pêche y est plus facile et les grandes étendues herbeuses d'où l'eau s'est retirée est une bonne pâture pour les bêtes.

pièges à poisson-chat posés par les pêcheurs Bozo


On s'arrête dans quelques villages pour apprécier l'organisation de la vie quotidienne chez les Bozos et les Peuls...
On ne peut pas ne pas être pris d'un certain malaise quand, arrivant dans le village, on est assailli par des foules d'enfants criant "Toubabous" et demandant qui une pièce, qui un "Bic", qui un ballon, qui une bouteille en plastique.

Les adultes, bien que très polis ("bonjour ! ça va ? ça va bien ? tout va bien ?"), sont plus réservés.

Quelques-uns seulement se présentant comme malades demandent quelques médicaments. Ici, on est habitué aux arrivées de Blancs distribuant quelques pacotilles à chaque escale. Sûrement un méfait de l'ouverture au tourisme mais également un relent du colonialisme et du commerce triangulaire.

Les constructions dans ces villages nomades sont provisoires et sommaires, les signes extérieurs de "luxe" sont ailleurs : un tel qui a une antenne TV, tel autre un scooter, les jeunes ont un téléphone portable.

Hier, nous avons bivouaqué entre un village et un campement de vachers Peul. Dès la nuit tombée, les moustiques affluent et nous avons dû dîner dans le noir pour ne pas les attirer avec des lampes. En guise de dessert, nous avons eu droit à une calebasse de lait fraîchement tiré en remerciement du reste de nos spaghettis que nous avions donné aux vachers.
Toute la nuit, c'est un trafic intense sur le fleuve : les grosses pinasses chargées de passagers et de marchandises trouvent leur chemin dans l'obscurité et un vacarme assourdissant.

Les pinassiers choisissent de naviguer la nuit car le fleuve est moins encombré de petites pinasses. Ils se repèrent à l'aveugle, se contentant d'une vague lampe de signalisation pour tout éclairage. Leur embarcation est équipée de moteurs de moulin, plus puissants mais aussi plus sonores et plus polluants que les moteurs traditionnels de bateau. Nous avons dû dormir avec des boules Quiès : périph'-Niger, même combat !

Pour finir, on retrouve le traditionnel coucher de soleil...

Philippe

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