Sangha, 22h25


Aujourd'hui
, nous sommes restés sur le plateau et avons exploré les environs septentrionaux de Sangha. Ce fut encore l'occasion de s'immerger un peu plus dans la culture dogon, ses règles organisant la vie quotidienne, les pratiques divinatoires et les rites communautaires. Tout cela en liaison avec une vision du monde fondée sur l'unité du village et l'harmonie entre morts et vivants.
Sur la photographie ci-contre, on peut voir une table divinatoire : chaque case correspond à une question précise, des arachides sont jetées pour attirer les renards et le divin interprète les pas du renard dans les cases
. La marche est vraiment le meilleur moyen de s'attarder intelligemment et de comprendre les petits riens du quotidien qui font la vie ordinaire en pays Dogon. : les pratiques agricoles, les manières d'anticiper les malheurs à venir, la simplicité et la lutte de tous les jours exigée par la vie loin du confort moderne.

Et dans ce contexte-là, tout est utile et utilisé parfois avec force de travail et de dévouement. Les feuilles desséchées des arbustes sont par exemple éparpillées dans les champs d'oignon pour mieux retenir l'humidité et limiter l'évaporation. L'écorce des baobabs sert à faire des cordages, le fruit se mange comme une friandise. Il peut également être dissous pour devenir une boisson acidulée ou bien, il peut être évidé et décoré en guise de hochet. Même les sacs plastiques sont récupérés pour être découpés en fils. Ces fils sont utilisés pour dessiner des motifs sur les tissus traditionnels teints à l'indigo.
Les sentiers que nous empruntons sont des trajets de circulation intense et multiforme : le berger et son troupeau bien sûr, mais également des femmes qui, calebasse sur la tête; vont jusqu'à la source pour laver le linge ou faire la vaisselle. En sens inverse, l'eau est ramenée dans les maisons ou les champs. Les sentiers sont également parcourus par les femmes Peul qui se rendent au marché pour vendre du lait frais ou des fagots de bois.

Les hommes, quant à eux, empruntent les sentiers pour aller au champ quand ils ne servent pas de porteurs pour les touristes. Toute une vie économique, une organisation sociale se dessinent à travers ces simples déplacements.
Pour finir, pas de soleil couchant mais un soleil rasant sur des habitations troglodytes qui servent de lieu d'initiation pour la grande fête des Dogons qui a lieu tous les 60 ans :

Philippe
Merci de nous faire partager la vie dépouillée et riche en émotions de cette ethnie du Mali qui est, pour nous et par votre intermédiaire, une jolie visite de ce pays
RépondreSupprimergros bisous
Marie-Paule (qui attend la suite de vos commentaires)